Quid de l’impact du re-confinement sur le secteur de l’assurance ?

Le secteur de l’assurance est une nouvelle fois sous le feu des projecteurs par l’absence d’une ligne directrice commune des acteurs du secteur et un manque de communication entre eux lors de la première vague. Aujourd’hui, le secteur entend bien redorer son blason.

Durant la première vague, la satisfaction des clients n’avait pas été au rendez-vous : Conditions parfois floues, lenteurs administratives, lecture parfois partiale des clauses de certains contrats, grilles de lecture différentes pour qualifier la perte d’exploitation. Certains acteurs de la branche regrettaient l’absence d’un front commun des acteurs du secteur. Les divergences d’opinion quant à la classification de la covid-19 au rang d’autres pandémies comme le SRAS avait aussi fait couler beaucoup d’encre. Quel en était l’en jeu ?

L’indemnisation de certains administrés couverts par le risque de pandémie. La couverture devant s’appliquer uniquement aux virus encore inconnus. La lecture de certains assureurs avait alors été de considérer la covid-19 comme une simple forme dérivée du SRAS. Cette lecture entrainait une absence de prise en charge des assurés.

  • Quid de l’attitude des assureurs durant ce second confinement ?

Durant ce second confinement, les assureurs ont mis en avant la proximité avec leurs assurés notamment en conservant leurs agences physiques ouvertes. En tant que bailleurs, les 280 membres de la FFA (Fédération Française de l’Assurance) se sont engagés à renoncer à au moins un mois de loyer pour les entreprises fermées administrativement et de moins de 250 salariés. Cette mesure s’applique notamment à des secteurs très touchés comme celui du tourisme avec les hôtels ou encore les restaurants.

Pour l’ensemble des commerces fermés administrativement, les assureurs continueront de couvrir leurs risques, malgré les retards de paiement qui pourraient exister. Grâce à cette mesure, près de 800 000 entreprises avaient pu bénéficier entre mars et juin d’un report de primes. Enfin, d’autres mesures comme la couverture du matériel informatique des entreprises sur le lieu de résidence des collaborateurs ont aussi été mises en place. Sur ce point, les assureurs répondent à l’appel du pouvoir exécutif de généraliser le recours au télétravail.

Si lors de la première vague le secteur de l’assurance avait abondé le fond de solidarité à hauteur de 400 milliards d’euros, il n’a pas été question d’une contribution pour le mois de Novembre. Le ministre, Bruno Le Maire a réactivé le fonds de solidarité le 29 octobre, et devrait être supporté intégralement par l’état. L’enveloppe est estimée à 6 milliards d’euros pour le mois de novembre.

  • Un projet d’assurance pandémie à l’horizon 2022 pour les entreprises ?

Selon l’’autorité de tutelle, 93 % des contrats actuels ne couvrent pas le risque de pandémie. Ce constat révèle une couverture encore trop faible au regard du risque systémique que la pandémie fait peser. A ce titre, des négociations sont en cours entre la FFA et les pouvoirs publics.

Le secteur de l’assurance entend négocier une participation de l’état à la prise en charge du risque à l’image de ce qui existe déjà en matière de catastrophes naturelles. Il faudra encore du temps pour aboutir à la création d’une telle assurance pandémie : négociations puis élaboration et vote d’une loi, puis retranscription dans chacun ces nouveaux contrats. L’assurance pourrait être rendue obligatoire.

Il est probable que pour donner lieu à indemnisation, une future pandémie dite « nouvelle », doit avoir des caractéristiques bien distinctes de celle de la covid-19. Cette distinction caractéristique devra être validée par les organismes scientifiques compétents. Le paramètre moteur d’une indemnisation étant les fermetures administratives décidées par le pouvoir exécutif. Dans tous les cas, cette nouvelle assurance ne couvrira pas les évènements ou les pertes d’exploitation directement liées à la covid-19 y compris pour l’année 2021.

Pour l’heure actuelle, le caractère obligatoire cristallise les négociations entre Bercy et de nombreux assureurs. Point exigé par Bercy comme condition essentielle à l’efficacité de ce dispositif.